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The Premature Burial Tour Part II – No More Waiting

22/10/2017
Dimanche 8, au matin l’ambiance est un peu moins juvénile. Dylan nous explique que la situation politique en Suisse est particulière depuis quelques temps. Les langues se délient et la xénophobie s’exprime sur les affiches dans la rue. La suisse est en période de votation et l’UDC (Union Démocratique du Centre), le parti conservateur / libéral / souverainiste, est en tête dans les sondages. Ce même parti qui a pu exprimer sa peur de l’autre dans ses affiches de campagne. Dylan nous parle particulièrement d’une affiche dans laquelle un mouton noir est sorti par des moutons blancs du drapeau suisse. Le tout avec pour slogan : « Pour plus de sécurité » … Bref nous partons direction Tubingen en Allemagne. 270 kilomètres durant 4 heures pendant lesquels nous manquons de tomber en panne d’essence à la frontière suisse.
Une fois sur place, la routine des premiers jours reprend sa place. On sort les amplis du van, on s’installe, on fait connaissance avec l’organisation. Ce soir là No More Waiting joue à Epplehaus, une maison des jeunes allemande. Contrairement au Raymond Bar à Clermont-Ferrand ce lieu est financé par l’état mais géré par les jeunes et moins jeunes de Tubingen. Cela permet au lieu de proposer de nombreuses activités culturelles et la scène voit aussi bien passer du Punk Hardcore que du théâtre. Une dynamique culturelle très intéressante où la musique alternative n’apparait pas marginale comme bien souvent en France. Tubingen est une ville universitaire allemande qui se transforme de plus en plus en ville dortoir. Située à 40km de Stuttgart de plus en plus de gens emménagent à Tubingen pour aller travailler dans des grosses entreprises comme Hugo Boss … Il est donc difficile pour cette ville de s’animer le soir de part cette situation. Et donc de maintenir à flots des lieux comme Epplehaus.

Le lieu est immense sur 4 étages. No More Waiting s’installe, fait les balances. On fait la connaissance de Janina, l’organisatrice, une petite brune énergique aux cheveux rasés sur les côtés. C’est sa première organisation. Le dimanche les concerts sont en général plus modestes en termes de fréquentation. Après les balances, on part au catering. Un catering maison avec des plats faits par l’organisation. Les gars en profitent pour faire une partie de babyfoot. On se sent à la maison, l’accueil est chaleureux. C’est assez frappant d’ailleurs, dans chaque lieu où No More Waiting a joué, on se sent à la maison. 

En photo les conditions sont plutôt bonnes, la scène est plus grande qu’auparavant et il y a un vrai éclairage scénique. Max a résolu quelques soucis de guitare avant de monter sur scène et No More Waiting attaque son concert comme les précédents : même passion, même envie. Le public est un peu décimé mais ils sont là pour la musique qu’ils connaissent et qu’ils aiment.

Après le concert, je sirote quelques cola maté, tandis que mes compères discutent avec quelques locaux de la musique alternative en Allemagne. Après quelques verres la discussion prend un tournant plus politique et on aborde le sujet de l’intolérance et plus exactement la tolérance de l’intolérance. Doit-on tolérer l’intolérance ou bien se retrouver intolérant face à l’intolérance …? Une question qui restera sans réponse définitive et concise. Bref on va se coucher. Le dortoir est au dernier étage dans une pièce où sont étalés au sol une vingtaine de matelas et au dessus desquels se balance un sac de frappe.

Lundi 9, petit déjeuner en compagnie du groupe dont No More Waiting a partagé la scène la veille. Le chanteur de ce groupe, un colosse en slip blanc, nous a ravi de son ronflement toute la nuit. En buvant le thé, une guitare est sortie et l’ambiance est festive. Je tente de mettre de l’eau dans mon thé afin de le refroidir. Sauf que … Sauf qu’en Allemagne ils n’ont pas d’eau plate en bouteille. Je viens de mettre de l’eau gazeuse dans mon thé.

Après toutes ces péripéties, nous prenons la route sans trop tarder direction Namur en Belgique. 480 kilomètres de bitume traversant une partie de l’Allemagne et du Luxembourg pour enfin rejoindre en 6 heures nos voisins les belges. Nous arrivons au bar le Temple, un café concert dans le centre de ville de Namur. Comme pour les cafés concert en France, il n’y a pas de véritable scène tel que No More Waiting a pu avoir la veille. On est accueilli par le patron du bar qui nous sert immédiatement une pinte d’un litre de bière belge. On sort les amplis que l’on a rangés la veille, et le groupe s’installe au milieux des badauds sirotant des litres de bières. L’organisateur du concert ne peut être présent ce soir là à cause d’un problème personnel, et on se retrouve sans vraiment de contact sur place. Un ami à lui, très chaleureux, arrive un peu plus tard et nous parle de l’organisation de ce soir et de leur association. Pour le catering, le patron du bar nous commande des pizzas à nous et au deuxième groupe. Un groupe de jeunes locaux qui feront la deuxième partie du concert. 

L’ambiance est un peu moins festive ce soir là, il y a un vrai décalage de style musical et d’ambiance avec le deuxième groupe. La fatigue sûrement ne nous permet pas de bien nous intégrer. Cela n’empêche pas le groupe clermontois de donner un concert égal à ceux d’auparavant. C’est assez impressionnant d’ailleurs de voir la constance de l’énergie fournie par ptimax, max, kevin et gluon. La fatigue commence à se ressentir néanmoins dans les chœurs. Max a quelques soucis avec sa guitare, que l’on pensait résolus la veille. Cette fois-ci ce sont ses pédales d’effets qui ne semblent plus bien fonctionner. Le problème se résout assez rapidement, mais Max est agacé et se déchaîne encore plus sur scène pour rattraper ce petit contretemps. Une fois qu’ils ont terminés, ils font place au groupe de locaux pour lesquels de nombreux amis à eux sont venus. On ne fait pas long feu sur place, et alors que le concert est terminé l’ami de l’organisateur nous conduit chez une amie à lui chez qui on dormira. Une amie d’un ami à l’organisateur donc. On gare notre van sur le parking du LIDL et on se faufile dans les rues de la banlieue de Namur pour rejoindre un pavillon. On est accueillis très amicalement et on en profite pour sympathiser avec l’ami et l’amie de l’ami. Minuit trente, nous allons nous coucher.
Mardi 10, au petit matin on part faire quelques courses au LIDL après avoir remercié notre hôte pour la nuit. On doit rejoindre Fontaine l’êvèque à 40 minutes de Namur, mais on décide d’en profiter pour faire un détour à Bruxelles. Direction Bruxelles donc, 66 kilomètres en 1 heure pour rejoindre la capitale belge. On a pas beaucoup de temps, alors on fait court dans les visites. On s’arrête pour voir la statue de Jean Claude Van Damme, star locale et internationale, dont ptimax est fan. C’est une petite statue en bronze que nous trouvons au milieu d’une deux fois deux voies en zone commerciale de Bruxelles. La majorité d’entre nous sommes déçus, sauf ptimax qui est aux anges. On profite du centre commercial à proximité pour manger un Quick, bref une journée aux couleurs de la belgique. Ensuite on rejoint le centre ville et l’horreur de sa circulation en van, que je conduis. On visite le cœur historique rapidement et on repart tout aussi rapidement de Bruxelles en direction de Fontaine l’Evêque : 67 kilomètres en un peu plus d’une heure.
Arrivé à 18h face à l’Archiduc, le café concert de ce soir. Je ne vais pas m’attarder longuement sur cette soirée, qui fut mitigée. L’accueil était amical mais bancal. L’organisation du concert se fait par les gérants du bar, et ils font de leur mieux maladroitement avec les moyens qui leur sont donnés. Chaque semaine, ils doivent déclarer à la mairie leurs dates de concerts, et ils sont menacés d’être fermé d’un jour à l’autre pour les nuisances sonores. 
Aujourd’hui le bar est fermé pour les raisons nommées auparavant.